Malgré l'avance stratégique des espagnols avec la campagne de Christophe Colomb en 1493, ces derniers ne réussiront jamais à s'installer sur l'île. Plusieurs tentatives se heurteront à la résistance des indiens Caraïbes.
En 1515, le débarquement mené par Juan Ponce de León se solde par un échec et se termine par le massacre et l'emprisonnement des survivants. En 1575, une expédition menée par un certain Antonio Serrano subit le même sort. En 1603 et 1604, des religieux Dominicains, en missions, reçurent l'orde de la couronne espagnole d'évangéliser les peuples indigènes. La vaillance, la détermination et surtout la méfiance des Kalinagos sont exacerbées par les informations reçues de leurs frères Taïnos des îles d'Hispaniola et de Port Rico.
Les Kalinagos leur réservèrent donc le même accueil et les moines sont tous tués. Les espagnols finissent par se lasser de la Guadeloupe. L'île jugée hostile et inhospitalière présente un autre défaut majeur. L'or ne fait pas partie de ses ressources naturelles. Ils quittent définitivement la Guadeloupe après cette ultime expédition de 1604. Plus globalement, ils vont progressivement abandonné les Petites Antilles. En 1648, leur base de Saint Martin est évacuée au profit de l'Amérique du Sud plus prolifique.
En 1635, dans le cadre des missions de la Compagnie des Îles d'Amérique, dirigée par Pierre Belain d’Esnambuc, la colonisation de Karukera est lancée par les Français. Sous le double commandements de Jean du Plessis et Charles de L'Olive, ils débarquent à la Pointe Maréchal appelée aujourd'hui la
Pointe Allègre. Un des buts de cette campagne est d'évangéliser les îles ou des chrétiens ne sont pas encore installés.
Après une période pacifique, ponctuée d'échanges de bons procédés et de nourritures, la situation va vite se dégrader. La méfiance des Caraïbes et les intentions belliqueuses de Charle de l'Olive vont rapidement faire évoluer les relations. Les deux gouverneurs avaient reçu l'ordre de tenter une approche pacifique et de ne pas chercher à déclencher de conflits. Le non respect des consignes aboutit au double assassinats du chef Caraïbe Yance et d'un de ses fils à Rivière Sens. Cet évènement majeur déclenche la guerre avec les autochtones. Cette première phase de conflits va durer 5 ans.
La vie sera dure pour les deux camps et la faim et la maladie rongeront souvent les premiers colons. Richelieu, mécontent de la désobéissance de L'Olive, stoppe les ravitaillements et laisse Pierre Belain d’Esnambuc gérer le sort des colons. L'avance technologique des français va longtemps se heurter aux renforts reçus régulièrement par les Caraïbes, de la part de leurs frères des îles voisines.
Cette première phase de développement de la colonie sera donc ponctuée par une série de conflits avec les locaux. La guerre ne prendra fin qu'en 1660 avec la signature du Traité franco-anglo-caraïbe. Les Kalinagos abandonnent la majorité de leur territoire aux français. Certains vont se retrancher sur des lieux symboliques, comme la
Pointe des Chateaux ou la
Grande Vigie à Anse Bertrand, mais la majorité se réfugie sur l'île de la Dominique où leurs descendants vivent encore aujourd'hui. Le bilan est tragique pour les autochtones. En moins de 50 ans la population Kalinago de la Guadeloupe est passée de 15000 individus en 1625, à environ 2500 survivants.