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Découverte et colonisation de la Réunion

La relative jeunesse géologique de l'île fait écho au caractère récent de son peuplement. Contrairement à ses cousines du Pacifique et de la Caraïbe, La Réunion et ses soeurs des Mascareignes ont été découvertes vierges de toute civilisation. 

La Réunion à l'Épreuve du Temps

Une île vierge de toute civilisation

Dans les temps premiers, il faut imaginer une île brute et sauvage dans le sens noble du terme. Isolée dans l'océan, les éléments de la nature s'expriment et évoluent sans contraintes. Bercée par les alizés et réchauffée par un volcan hyperactif, une terre fertile abrite une végétation dense et humide, parsemée de cascades à perte de vue.  

La faune est riche, sur terre, en mer mais aussi dans les rivières de l'île. Des oiseaux de grande taille, des poissons, des tortues par milliers, constituent les seuls habitants de cet Eden insulaire. C'est ce paradis terrestre que les premiers explorateurs ont pu observer et toucher du doigt. 

Les premiers à connaître et mentionner l'existence de la Réunion sont les navigateurs arabes. Les routes commerciales qu'ils empruntent les font passer régulièrement par le Canal du Mozambique. Ils ont une bonne connaissance des îles de l'Océan Indien dont celles des Seychelles et des Mascareignes. La Réunion est alors appelée Dina Morgabine qui signifie l'Île de l'ouest ou l'île du soleil couchant.  

La colonisation

Le contenu des cartes de navigation musulmanes, désormais connu des européens, permet à ces derniers de se projeter vers cette région du monde. Plus de 150 ans après, la première expédition menée par Pedro de Mascarenhas permet aux portugais d'être les premiers européens à découvrir les Mascareignes. À cette occasion, l'île est rebaptisée Santa Apollonia.

N'étant pas située sur l'axe direct de la route des Indes, seules quelques rares navires feront de courtes escales dans les eaux réunionnaises. Ces passages éclairs ont pour unique but de se ravitailler. L'abondance de nourriture et la facilité avec laquelle les animaux sont capturés sont d'ailleurs reportées par les navigateurs hollandais.

En 1642, les français s'installent à Madagascar. Les conditions difficiles et la gestion contestée de Jacques de Pronis, alors responsable du contingent, déclenchent des mutineries. 12 mutins composés de 2 colons et 10 malgaches sont abandonnés sur l'île en 1646. Cet exil était sûrement censé les condamner à une mort certaine. Trois ans plus tard, une mission venue vérifier leur devenir découvre un groupe bien portant et peu enclin à quitter son nouveau lieu de résidence.

La description paradisiaque qu'ils font de l'île change le cours de l'histoire. En 1654, Étienne de Flacourt, alors gouverneur de Madagascar, envoie un deuxième groupe composé de six français et huit malgaches. Les espoirs placés dans cette mission, sont de voir le récit des mutins se confirmer. Malgré des débuts très prometteurs, des cyclones ravagent les habitations et les récoltes trois années de suite. La troupe quittera les lieux définitivement en 1658 avec un gout d'inachevé.

La preuve est cependant faite. Habiter et produire à Bourbon est un projet viable. Le jour officiel du peuplement est le 10 novembre 1663. Un navire nommé le Saint Charles mouille en baie de Saint Paul. Mené par Louis Payen, un groupe de 12 personnes débarque. Cet évènement s'avère être l'élément fondateur du peuplement de la Réunion. En 1665 la colonie compte une trentaine de personnes dont certains patronymes raisonnent encore aujourd'hui. Parmi ces hommes, il y avait notamment Hervé Donneront (devenu Dennemont), René Hoarau, Jacques Fontaine, Gilles Launay, Pierre Hibon...

En 1674, les rescapés de la révolte et du massacre de Fort Dauphin, à Madagascar, trouvent refuge à la Réunion qui devient alors la seule escale française de la route des Indes. Une fois l'île valorisée aux yeux de la couronne de France, sa population va croître rapidement avant d'atteindre près de 52000 habitants en 1789. 

Rebaptisée l'Île Bourbon en 1649, elle devient l'Île de la Réunion après la Révolution Française en 1793.
Grotte du peuplement
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