Après la Révolution Française, vient le temps de la Convention qui abolit l'esclavage le 4 février 1794. Malheureusement, seules les Colonies de la
Guadeloupe et de la Guyane en bénéficient.
Dans l'Océan Indien, les assemblées coloniales de la Réunion et de Maurice contestent et rejettent cette décision. En juin 1796, les commissaires, venus de France pour faire appliquer l'abolition, sont expulsés des Mascareignes. Ce fait d'arme, appuyé par le Gouverneur Malartic en poste à Maurice, maintient donc 80 000 hommes captifs. La Réunion rentre alors dans une phase de sécession et d'autonomie vis à vis de la France. La population et les esclaves subissent une oppression qui porte le nom de dictature. Ce régime prend fin avec l'avènement de l'Empire en 1801. Malheureusement pour les esclaves, Napoléon offre aux colons le rétablissement officiel de l'esclavage en 1802.
Les années qui suivent sont les témoins d'un enchaînement d'événements variés. Tout d'abord, en raison de la guerre avec les anglais, l'île subit un blocus dès 1808 avant de passer sous contrôle britannique de 1810 à 1814. Durant cette occupation deux révoltes d'esclaves sont réprimées et écrasées par les anglais en 1809 et 1811.
Les cultures historiques de café et de girofles subissent des revers météorologiques multiples en 1807. Le café en déclin est délaissé au profit de la canne à sucre qui prendra son essor dans les décennies qui vont suivre. En 20 ans près de 200 sucreries voient le jour.
Après des années de transition, d'évolutions technologiques, d'organisation administrative, la Réunion bénéficie enfin de la proclamation du décret d'abolition de l'Esclavage le 20 décembre 1848. Un peu plus de 60 000 hommes recouvrent la liberté.