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La période post abolition à la Réunion

L'engagisme

Beaucoup d'esclaves libérés, refuseront de travailler pour leurs anciens tortionnaires. Beaucoup vont alors se retirer dans les hauts et se lancer dans la culture des terres libres. Pour compenser cette baisse de main d'oeuvre, les colons font appel aux engagés. Ces derniers arrivent de tous les horizons. 

Une partie des 100 000 engagés sera composée de malgaches et d'africians appelés Cafres. Leur venue renforce la prédominance des populations noires sur l'île. Le second contingent est composé de Malbars originaires du sud de l'Inde et de Zarabes originaire du nord. Les 34 derniers indiens arrivent le 2 février 1885. Le dernier groupe sera composé d'immigrés chinois. Cette pratique prend fin avec les derniers recrutements opérés à Rodrigues en 1937.

L'engagisme va accroitre et sceller le métissage ethnique et culturel de la Réunion et poser la pierre angulaire du futur « Vivre ensemble » réunionnais.

Développement structurel

Au début des années 1870, la population réunionnaise est en plein essor et atteint déjà près de 195 000 habitants. Cette croissance astronomique contraste avec la trentaine d'habitants présents un siècle auparavant. Cette présence impose des besoins grandissants dans les domaines du transport et de l'alimentation. Une première série de grands travaux est alors entamée sur l'île. 

Tout commence en 1882, avec l'inauguration d'une ligne de chemin de fer de 126km entre les communes de Saint Benoit et Saint Pierre. Au niveau maritime, les travaux commencés en 1879 prennent fin et le Port de la Pointe des Galets est inauguré en 1886. En 1890, seules 3 semaines séparent la Réunion de la France hexagonale. 

En 1894, la livraison du Pont de la Rivière de l'Est, permet de connecter les communes de Saint Benoit et Sainte Rose. Cette construction contribuera au développement de l'industrie sucrière en accélérant les échanges et la livraison des récoltes. 

À partir de 1900, la circulation s'intensifie, s'accélère et s'individualise. C'est le début de l'ère de l'automobile avec la livraison des premières voitures sur l'île. 

Tous ces développements vont dynamiser la croissance économique de la Réunion sur le premier tiers du 20ème siècle. Durant cette période, de nombreuses cultures sont suffisamment importantes pour faire l'objet d'exportations. C'est le cas du sucre, de la vanille, du manioc, des chouchous (christophines), du maïs, du cacao, du café, du thé, mais aussi des fleurs utilisées en cosmétique comme le ylang ylang ou le géranium. De nombreux fruits et légumes prennent également le chemin de l'Europe. 

La meilleure façon d'appréhender son insularité est d'être desservi par voie aérienne. La Réunion accueille son premier vol sur la piste aménagée de Sainte Marie en 1929. L'aviateur Marcel Goulette, parti de métropole vient de rallier l'île à bord de son Farman. Cet exploit a posé les bases de l'aviation à la Réunion. Dès 1936, une liaison régulière entre la piste de Gillot et le Bourget est établie par l'aéropostale.
Pont de la Rivière de l'EstPont de la Rivière de l'Est en 2021.
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